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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 15:46
J'ai trouvé une chaussure pour toit.

Que s'est-il passé cet après-midi là quand un élève catastrophé vint frapper à la porte vitrée de mon bureau en criant: '"il nous faut une perche, il nous faut une perche". Etant en ligne, j'ai cru un instant qu'on pêchait... à la ligne.

- Où, qu'entends-je, qu'ouïe-je, répondis-je à l'élève face à moi ?

- Une perche pour une basket, me dit-il toujours aussi inquiet.

Je ne comprenais mot à ses propos. Reprenant mes esprits, j'associais basket le mot anglais à panier en français. Je comprenais donc qu'il cherchait un panier pour une perche et non une perche pour un panier.

- vous avez donc pêché, constatais-je ?

- Oh, oui, maître, Dominique a péché

(Souhaitant garder l'anonymat de l'enfant, nous l'appellerons Dominique. Pour l’orthographe, les puristes apprécieront l’accent circonflexe et l’accent aigu du mot p(e)cher)

- Une perche ?

- Oui, une perche il nous faut.

(Remarquons au passage la coupure, pour les linguistes avertis, du prédicat, donnant à la phrase un style relevé… pour une perche, c’est logique)

- Je ne comprends plus rien, une perche, un panier, basket. Expliquez-vous jeune homme, expliquez-vous.

- Dominique jouait au basket quand sa basket frôla le panier de basket pour atterrir sur le toit.  D’où la perche.

- Vous me la tendez.

- Non, je l’attends, monsieur le Directeur.

- Vous me tendez la perche pour l’obtenir.

- Si on veut. Où est-elle ?

(Remarquons que le genre du mot change le sens de la phrase. Une basket, le basket. Faut-il en conclure que nous portons des paniers aux pieds. Ils sont forts ces américains et pas niais du tout).  

- Sur le toit. Le toit des toilettes exactement.

- Je veux le voir de mes yeux vus.

Je me saisis de la perche et suivis l’enfant qui me guida au terrain de basket où la basket avait déserté pour un toit rien qu’à elle. Je compris immédiatement à la mine déconfite de Dominique, déhanché il va de soi, qu’il était le malheureux orphelin d’une basket bien volage. Son pied à la chaussette pour seule couverture trouvait réconfort à son jumeau chaussé de la tête au pied, en s’y posant. La perche n’y pouvait rien. Raide comme la justice, elle ne savait se contorsionner pour aller déloger la fugueuse. Le verdict fut sans appel.

- Je n’y peux rien, annonçais-je solennellement.

- Appelez ma mère. Qu’elle me ramène une paire.

- Une mère pour une paire ! Et pourquoi pas un maire pour un père ?  

- S’il vous plaît. Je me gèle les pieds.

- Un seul jeune homme. Un seul pied se gèle. Cette leçon vous fera les pieds. Le droit plus exactement. En rentrant, ne marchez pas dans les déjections canines. Nous avons déjà eu l’amère expérience avec un petit Ce1 qui était chaussé par contre.

Sur ces entrefaites, madame Cheung, ayant un cœur de mère, me pria, ayant un cœur de Père pierre, d’appeler sur le  champ la mère de l’enfant. Triste à lui (Dominique) lui arriva. « Qu’il rentre à pieds ! » proposa-t-elle. « Nous n’allons pas en faire tout un fromage ».  Mère ne put venir mais une odeur de fromage le put et pue encore (attention à la confusion pouvoir et puer).  Notre pauvre Dominique rentra à pied bien seul, lui et son pied, sans copain mais clopin-clopant. Quant à la basket, à l’heure où je vous parle, elle erre sur les toits. Prend-elle son pied ? Je n’y crois.      

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Published by Ecole Aubord

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